A Bit of History
Tusheti has been inhabited since the Bronze Age by the Tush, a people of semi-nomadic shepherds who spent summers in the high valleys of the Caucasus and winters on the lowland plains of Vashlovani. For centuries, they built stone towers, sometimes up to 20 meters high, to defend against raids from Chechnya and Dagestan. The Keselo fortress, above Omalo, dates back to the Mongol invasion of the 13th century. Annexed to the Kingdom of Kakheti in the 16th century by King Levan, Tusheti's isolation allowed it to keep a language, architecture, and set of beliefs that still blend Christianity with older mountain cults today.
Georgia itself is one of the oldest Christian countries in the world, converted in the 4th century under King Mirian III. Heir to the ancient kingdoms of Iberia and Colchis, it experienced a golden age under Queen Tamar in the 12th century, before Mongol invasions and centuries of Persian, Ottoman, and finally Russian domination. It is also the birthplace of wine, with a winemaking tradition spanning more than 8,000 years, still alive today in qvevri clay jars. After a brief independence in 1918, then seventy years under Soviet rule, Georgia regained its independence in 1991.
The Caucasus, finally, is one of the most diverse regions on earth: Arab geographers once called it the "mountain of languages." Within a few hundred kilometers between the Black Sea and the Caspian Sea live dozens of peoples, Georgians, Chechens, Dagestanis, Armenians, Azerbaijanis and many others, separated by some of the highest peaks in Europe and connected for millennia by ancient trade routes.
Georgia itself is one of the oldest Christian countries in the world, converted in the 4th century under King Mirian III. Heir to the ancient kingdoms of Iberia and Colchis, it experienced a golden age under Queen Tamar in the 12th century, before Mongol invasions and centuries of Persian, Ottoman, and finally Russian domination. It is also the birthplace of wine, with a winemaking tradition spanning more than 8,000 years, still alive today in qvevri clay jars. After a brief independence in 1918, then seventy years under Soviet rule, Georgia regained its independence in 1991.
The Caucasus, finally, is one of the most diverse regions on earth: Arab geographers once called it the "mountain of languages." Within a few hundred kilometers between the Black Sea and the Caspian Sea live dozens of peoples, Georgians, Chechens, Dagestanis, Armenians, Azerbaijanis and many others, separated by some of the highest peaks in Europe and connected for millennia by ancient trade routes.
Un peu d'histoire
La Touchétie est habitée depuis l'âge du bronze par les Tush, un peuple de bergers semi-nomades vivant l'été dans les hautes vallées du Caucase, et l'hiver dans les plaines, à Vashlovani. Pendant des siècles, ils ont bâti des tours de pierre, parfois hautes de 20 mètres, pour se protéger des raids venus de Tchétchénie et du Daghestan. La forteresse de Keselo, au-dessus d'Omalo, date ainsi de l'invasion mongole du XIIIe siècle. Annexée au royaume de Kakhétie au XVIe siècle par le roi Levan, la Touchétie a gardé, grâce à son isolement, une langue, une architecture et des croyances qui mêlent encore aujourd'hui christianisme et cultes plus anciens liés à la montagne.
La Géorgie, elle, est l'un des plus anciens pays chrétiens du monde, convertie au IVe siècle sous le règne du roi Mirian III. Héritière des royaumes antiques d'Ibérie et de Colchide, elle connaît un âge d'or sous la reine Tamar, au XIIe siècle, avant les invasions mongoles puis des siècles de domination perse, ottomane et enfin russe. Elle est aussi le berceau du vin, avec une tradition vinicole de plus de 8 000 ans, toujours vivante dans les jarres de qvevri. Après une brève indépendance en 1918, puis soixante-dix ans sous régime soviétique, la Géorgie retrouve son indépendance en 1991.
Le Caucase, enfin, est l'une des régions les plus diverses du monde : les géographes arabes l'appelaient autrefois la « montagne des langues ». En quelques centaines de kilomètres entre mer Noire et mer Caspienne se côtoient des dizaines de peuples, Géorgiens, Tchétchènes, Daghestanais, Arméniens, Azéris et bien d'autres, séparés par des sommets parmi les plus hauts d'Europe et reliés depuis des millénaires par d'anciennes routes commerciales.
La Géorgie, elle, est l'un des plus anciens pays chrétiens du monde, convertie au IVe siècle sous le règne du roi Mirian III. Héritière des royaumes antiques d'Ibérie et de Colchide, elle connaît un âge d'or sous la reine Tamar, au XIIe siècle, avant les invasions mongoles puis des siècles de domination perse, ottomane et enfin russe. Elle est aussi le berceau du vin, avec une tradition vinicole de plus de 8 000 ans, toujours vivante dans les jarres de qvevri. Après une brève indépendance en 1918, puis soixante-dix ans sous régime soviétique, la Géorgie retrouve son indépendance en 1991.
Le Caucase, enfin, est l'une des régions les plus diverses du monde : les géographes arabes l'appelaient autrefois la « montagne des langues ». En quelques centaines de kilomètres entre mer Noire et mer Caspienne se côtoient des dizaines de peuples, Géorgiens, Tchétchènes, Daghestanais, Arméniens, Azéris et bien d'autres, séparés par des sommets parmi les plus hauts d'Europe et reliés depuis des millénaires par d'anciennes routes commerciales.
Tush Cuisine
Tushetian food is as much a story as a meal. Tush khinkali stands out for its hand-chopped meat, cut with a knife rather than minced. Guda cheese, aged in sheepskin, and dambal khacho, a smoked cheese recognized by UNESCO, accompany almost every meal. For honored guests, kotori, a Tushetian version of khachapuri, is prepared, and aludi, a low-alcohol ritual drink made from malted barley, is shared. Homemade wine and chacha, Georgia's traditional grape spirit, also play an important role in Tushetian hospitality. Almost everything on the table comes from the farm or the mountain.
La cuisine de Touchétie
La cuisine de Touchétie se goûte aussi bien qu'elle se raconte. Le khinkali tush se distingue par sa viande hachée au couteau plutôt qu'au robot. Le fromage guda, affiné dans une peau de mouton, et le dambal khacho, un fromage fumé reconnu par l'UNESCO, accompagnent presque chaque repas. Pour les invités d'honneur, on prépare le kotori, une sorte de khachapuri tush, et l'on partage l'aludi, une boisson rituelle peu alcoolisée à base d'orge maltée. Le vin fait maison et la chacha, l'eau-de-vie traditionnelle géorgienne, occupent également une place importante dans l'hospitalité touch. À table, presque tout vient de la ferme ou de la montagne.
Tea and Herbal Infusions of Tusheti
In the mountains of Tusheti, plants grow at over 2,000 meters above sea level, in an environment that has remained untouched for generations. Tush women harvest wild medicinal herbs every summer, following knowledge passed down from mother to daughter: mountain mint, wild thyme, nettle, St. John’s wort, and camomile from the high pastures.
Picked by hand during the short summer season, these plants are then slowly dried in Kharthie, using traditional methods that preserve their natural properties and strong aromas.
These infusions were once used within families to treat everyday ailments, strengthen the body after long winters, and accompany moments of rest in remote mountain villages.
Knowledge about plants in Tusheti is not written down; it is transmitted orally and through observation. Each plant has its own use: some soothe, some strengthen, others protect.
Harvesting is a collective moment, often led by women. The plants are then sorted, naturally dried, and stored for the winter in stone houses.
Thé et tisanes de Touchétie
Dans les montagnes de Touchétie, les plantes poussent à plus de 2 000 mètres d’altitude, dans un environnement resté intact pendant des générations. Les femmes tush y récoltent chaque été des herbes sauvages aux vertus médicinales, transmises de mère en mère : menthe de montagne, thym sauvage, ortie, millepertuis, camomille des hauts pâturages.
Cueillies à la main durant la courte saison estivale, ces plantes sont ensuite séchées lentement en Kharthie, selon des méthodes traditionnelles qui préservent leurs propriétés naturelles et leurs arômes puissants.
Ces tisanes étaient autrefois utilisées dans les familles pour soigner les maux du quotidien, renforcer le corps après les longs hivers et accompagner les moments de repos dans les villages isolés.
Les savoirs liés aux plantes en Touchétie ne sont pas écrits, ils se transmettent oralement et par l’observation. Chaque plante a son usage : certaines pour apaiser, d’autres pour renforcer, d’autres encore pour protéger.
La récolte est un moment collectif, souvent féminin. Les plantes sont ensuite triées, séchées naturellement, puis conservées pour l’hiver dans les maisons en pierre.
La récolte est un moment collectif, souvent féminin. Les plantes sont ensuite triées, séchées naturellement, puis conservées pour l’hiver dans les maisons en pierre.
Traditional Chacha of Tusheti
Chacha is a traditional Georgian spirit made from the distillation of grape pomace left after winemaking. In Tusheti, it is often produced in small quantities within a family setting.
Each household preserves its own know-how. Distillation is slow and simple, carried out in small copper stills, often in villages or remote mountain farms. The result is a strong, clear, and raw chacha that reflects the intensity of the land.
It is shared during special occasions, gatherings, and moments of hospitality.
Before each glass, people say “Gaumarjos”, which means “victory.” This toast is not only a word, but a ritual opening. It can be followed by a series of spontaneous toasts, to God, to family, to brothers and sisters, to the country, and to life itself, or to whatever the moment calls for.
In this sense, Gaumarjos becomes a way of opening the heart. It is the moment where speech becomes freer, where gratitude, memory, and emotion are shared openly around the table.
Chacha traditionnelle de Touchétie
La chacha est une eau-de-vie traditionnelle géorgienne, produite à partir de la distillation des raisins après la vinification. En Touchétie, elle est souvent produite en petites quantités, dans un cadre familial.
Chaque maison garde son propre savoir-faire. La distillation se fait lentement, dans des alambics simples, souvent en cuivre, au cœur des villages ou dans les fermes isolées. Le résultat est une chacha puissante, claire et brute, qui reflète la force du territoire.
Elle est partagée lors des grandes occasions, des rencontres ou des moments d’hospitalité.
Avant chaque verre, on dit « Gaumarjos », qui signifie « victoire ». Ce toast n’est pas seulement un mot, mais un rituel d’ouverture. Il peut être suivi d’une série de toasts spontanés — à Dieu, à la famille, aux frères et sœurs, au pays, et aux victoires de la nation, ou à tout ce que le moment inspire.
En ce sens, Gaumarjos devient une manière d’ouvrir le cœur. C’est le moment où la parole se libère, où la gratitude, la mémoire et l’émotion sont partagées ouvertement autour de la table.
La chacha est une eau-de-vie traditionnelle géorgienne, produite à partir de la distillation des raisins après la vinification. En Touchétie, elle est souvent produite en petites quantités, dans un cadre familial.
Chaque maison garde son propre savoir-faire. La distillation se fait lentement, dans des alambics simples, souvent en cuivre, au cœur des villages ou dans les fermes isolées. Le résultat est une chacha puissante, claire et brute, qui reflète la force du territoire.
Elle est partagée lors des grandes occasions, des rencontres ou des moments d’hospitalité.
Avant chaque verre, on dit « Gaumarjos », qui signifie « victoire ». Ce toast n’est pas seulement un mot, mais un rituel d’ouverture. Il peut être suivi d’une série de toasts spontanés — à Dieu, à la famille, aux frères et sœurs, au pays, et aux victoires de la nation, ou à tout ce que le moment inspire.
En ce sens, Gaumarjos devient une manière d’ouvrir le cœur. C’est le moment où la parole se libère, où la gratitude, la mémoire et l’émotion sont partagées ouvertement autour de la table.
Wool of Tusheti - carpets, clothes and everyday objects
Wool is at the heart of Tush life. Each family raises its own sheep and transforms wool using ancestral techniques.
Women hand-weave thick carpets used in mountain homes, as well as for horses during long transhumance journeys. Each piece is unique, marked by the simple motifs of pastoral life.
They also produce wool hats, slippers, and gloves designed to withstand harsh winters. These objects are not decorative.
In the mountains of Tusheti, wool garments such as coats, socks, hats, and gloves are essential tools for survival. Shepherds spend long periods outdoors with their flocks, sometimes for days or weeks, in extreme weather conditions including wind, snow, and freezing nights.
Thick sheep’s wool, naturally insulating, is therefore essential to stay warm while remaining mobile. Each item is designed to protect the body without restricting movement, allowing shepherds to walk, tend animals, and live entirely outdoors.
Women hand-weave thick carpets used in mountain homes, as well as for horses during long transhumance journeys. Each piece is unique, marked by the simple motifs of pastoral life.
They also produce wool hats, slippers, and gloves designed to withstand harsh winters. These objects are not decorative.
In the mountains of Tusheti, wool garments such as coats, socks, hats, and gloves are essential tools for survival. Shepherds spend long periods outdoors with their flocks, sometimes for days or weeks, in extreme weather conditions including wind, snow, and freezing nights.
Thick sheep’s wool, naturally insulating, is therefore essential to stay warm while remaining mobile. Each item is designed to protect the body without restricting movement, allowing shepherds to walk, tend animals, and live entirely outdoors.
Laines de Touchétie – tapis, vêtements et objets du quotidien
La laine de mouton est au cœur de la vie tush. Chaque famille élève ses propres troupeaux, et transforme la laine selon des gestes anciens.
Les femmes tissent à la main des tapis épais utilisés pour les maisons de montagne, mais aussi pour les chevaux lors des longues transhumances. Chaque pièce est unique, marquée par les motifs simples de la vie pastorale.
On fabrique aussi des bonnets, des chaussons et des gants en laine, pensés pour résister aux hivers rigoureux. Ces objets ne sont pas décoratifs.
La laine de mouton est au cœur de la vie tush. Chaque famille élève ses propres troupeaux, et transforme la laine selon des gestes anciens.
Les femmes tissent à la main des tapis épais utilisés pour les maisons de montagne, mais aussi pour les chevaux lors des longues transhumances. Chaque pièce est unique, marquée par les motifs simples de la vie pastorale.
On fabrique aussi des bonnets, des chaussons et des gants en laine, pensés pour résister aux hivers rigoureux. Ces objets ne sont pas décoratifs.
Ces objets ne sont pas décoratifs. Dans les montagnes de Touchétie, les manteaux, chaussettes, bonnets et gants en laine de mouton sont avant tout des outils de survie. Les bergers passent de longues périodes dehors avec leurs troupeaux, parfois pendant plusieurs jours ou semaines, dans des conditions climatiques difficiles, entre vent, neige et nuits très froides.
La laine de mouton, épaisse et naturellement isolante, est donc indispensable pour rester en mouvement et résister au froid. Chaque pièce est pensée pour protéger le corps sans le contraindre, permettant de continuer à marcher, surveiller les animaux et vivre dehors.
La laine de mouton, épaisse et naturellement isolante, est donc indispensable pour rester en mouvement et résister au froid. Chaque pièce est pensée pour protéger le corps sans le contraindre, permettant de continuer à marcher, surveiller les animaux et vivre dehors.